Fernand LÉGER
Argentan 1881 - Gif-sur-Yvette 1955
Femme couchée, 1913, huile sur toile.
Ancienne collection Roger Dutilleul - Achat en 1986 avec la participation de la Communauté Urbaine de Lille, du Conseil Régional du Nord - Pas de Calais, de l’État (Ministère de la Culture).
Dépôt du Musée national d’Art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.
Fernand Léger est une figure majeure de la peinture française du XXe siècle. Son oeuvre se situe à la croisée des grands courants d’avant-garde tels que le cubisme, le futurisme et l’abstraction. Ayant médité la leçon de Cézanne dès 1910 avec des oeuvres comme La Couseuse (Musée national d’art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris), il élabore un style pictural qui le fait remarquer au Salon des indépendants de 1911, lui valant le qualificatif de « tubiste ». Femme couchée est une parfaite illustration des recherches effectuées par Léger à cette époque. Le tableau, par sa conception, correspond à la définition qu’Apollinaire donne du cubisme orphique, c’est-à-dire « l’art de peindre des ensembles nouveaux avec des éléments empruntés non à la réalité visuelle, mais entièrement créés par l’artiste et doués par lui d’une puissante réalité ». La figure de la femme couchée n’est que le prétexte à une articulation savante de formes cylindriques qui s’organisent selon des contrastes de couleurs et de valeurs. L’omniprésence d’un cerne noir permet de définir de lisiblement les contours à l’intérieur desquels la gamme chromatique qu’emploie Léger à cette période (le rouge, le bleu, le jaune et le vert) crée le volume par des effets de moirure qui évoquent la brillance d’une armure. Cette dernière caractéristique fait de Femme couchée une véritable odalisque de métal.