Bernard BUFFET
Paris 1928 - Tourtour 1999
La Lapidation, 1948, huile sur toile.
Acquis par Jean Masurel - Donation Geneviève et Jean Masurel, 1979
La personnalité artistique de Bernard Buffet émerge dans le contexte de l’après-guerre, marqué par les difficultés de la vie quotidienne et les terribles souvenirs de l’Occupation. Sa peinture se fait l’écho de la dure réalité du moment et trouve un impact immédiat auprès du public. Il profite également de la renommée quasi-posthume de Francis Gruber, qui l’a précédé dans ce genre de représentation en créant un style misérabiliste. Revendiquant l’expressionnisme d’Ensor mais aussi le réalisme de Courbet, Buffet élabore une écriture picturale facilement reconnaissable. Ses toiles se distinguent par la rigidité des lignes, l’austérité des tons froids, essentiellement des effets de gris et de blancs sales.
Ses personnages sont filiformes, exagérément étirés en hauteur et dénués de tout charme physique. Si les sujets contemporains ont la préférence de l’artiste, ce dernier peint aussi quelques oeuvres religieuses importantes pendant cette période. La Lapidation fait partie d’une série comportant une Déposition de Croix (collection particulière) et Pietà (collection particulière) datant également de 1948. Il semble d’ailleurs que ce soit surtout le sentiment de souffrance et d’angoisse que le peintre ait voulu rendre dans cette composition. Le tableau évoque une scène de supplice en définitive assez intemporelle. Pour les contemporains de Buffet, en 1948, le martyre du Saint rejoint, dans l’inconscient collectif, le calvaire du déporté des camps de concentration ou celui du résistant mourrant sous la torture « sans avoir parlé ».