|
 |
 |
Disco Mattress (from the Power Tool Series)
« Disco matelassé » (série des outils
à moteur), 1989, fer, aluminium, poupées en tissu,
prises et installation électriques, scies, spots, minuteur.
Don de l’artiste en 1994 |
Dennis Oppenheim s’est d’abord fait connaître,
à la fin des années soixante, par ses interventions sur
sites naturels (Earth Works) qui marquaient une rupture avec la notion
d’objet d’art en élargissant son terrain et ses matériaux
au temps et à l’espace. L’artiste a ensuite utilisé
son corps comme un outil et lieu privilégié de performance,
le mettant en scène seul ou en interaction avec des membres de
sa famille (son fils, sa fille, son père), phase qui se termine
en 1972 avec le début des installations. Des marionnettes, substituts
de l’artiste, traitent alors, dans les Post-Performances, de la
situation de l’art et de l’artiste, vécue comme un
état de crise et d’angoisse. Les réalisations récentes
d’Oppenheim relèvent d’un autre mode de travail. Sans
se mettre désormais en scène, l’artiste fabrique des
dispositifs susceptibles de produire un acte dramatique. Dans Disco
Mattress, des poupées disposées sur une sorte de plateau
métallique sont activées périodiquement par des scies
électriques. Le rituel à caractère sexuel se déroule
sous un éclairage violent et dans un bruit strident et mécanique.
Oppenheim donne à voir un appareillage dont l’animation brutale
et sporadique peut se comparer métaphoriquement au travail du rêve.
Cette marchine à torture évoque l’univers d’un
cauchemar ou d’une obsession dont on aimerait se libérer
et qui pourtant fascine par son pouvoir d’attraction, sa dimension
à la fois poétique et délétère qui
interroge les plus secrets de nos fantasmes. |