Dennis OPPENHEIM
Mason City (Washington) 1938
Disco Mattress (from the Power Tool Series) « Disco matelassé » (série des outils à moteur), 1989, fer, aluminium, poupées en tissu, prises et installation électriques, scies, spots, minuteur.
Don de l’artiste en 1994
Dennis Oppenheim s’est d’abord fait connaître, à la fin des années soixante, par ses interventions sur sites naturels (Earth Works) qui marquaient une rupture avec la notion d’objet d’art en élargissant son terrain et ses matériaux au temps et à l’espace. L’artiste a ensuite utilisé son corps comme un outil et lieu privilégié de performance, le mettant en scène seul ou en interaction avec des membres de sa famille (son fils, sa fille, son père), phase qui se termine en 1972 avec le début des installations. Des marionnettes, substituts de l’artiste, traitent alors, dans les Post-Performances, de la situation de l’art et de l’artiste, vécue comme un état de crise et d’angoisse. Les réalisations récentes d’Oppenheim relèvent d’un autre mode de travail. Sans se mettre désormais en scène, l’artiste fabrique des dispositifs susceptibles de produire un acte dramatique. Dans Disco Mattress, des poupées disposées sur une sorte de plateau métallique sont activées périodiquement par des scies électriques. Le rituel à caractère sexuel se déroule sous un éclairage violent et dans un bruit strident et mécanique. Oppenheim donne à voir un appareillage dont l’animation brutale et sporadique peut se comparer métaphoriquement au travail du rêve. Cette marchine à torture évoque l’univers d’un cauchemar ou d’une obsession dont on aimerait se libérer et qui pourtant fascine par son pouvoir d’attraction, sa dimension à la fois poétique et délétère qui interroge les plus secrets de nos fantasmes.