Adolf WÖLFLI
Nüchtern (Suisse), 1864 – La Waldau, 1930
Bettania Gottes=Aker, [recto], 1927
Crayons de couleurs sur papier
Donation L'Aracine
Musée d'art moderne Lille Métropole, Villeneuve d'Ascq
À partir de 1895, Adolf Wölfli est définitivement interné à l’hôpital psychiatrique de la Waldau, à Berne en Suisse. C’est là qu’il va élaborer une oeuvre colossale, non seulement par le nombre de pages répertoriées, mais aussi par l’étendue de son champ d’investigation qui aborde le récit en prose, la poésie, le dessin, la musique. Il réalise tout d’abord 800 dessins sur feuilles volantes, puis s’attelle à la partie centrale de son oeuvre composée de 45 livres contenant plus de 25 000 pages manuscrites et environ 3 000 dessins. Wölfli mêle références autobiographiques et récits inventés racontant son odyssée. Il complète ces textes par 3 000 dessins pour moitié composés de collage. Cette saga est composée de cinq cycles. Du berceau au tombeau (1908-12) raconte l’histoire romancée de la vie de Wölfli sous forme de voyages à travers plusieurs continents. Dans Cahiers géographiques et algébriques, Wölfli, après avoir fait fortune, constitue et aménage son royaume ; puis dans Cahiers avec chants et danse, il quitte la planète Terre pour voyager dans le cosmos guidé par Dieu le père. Le cycle s’achève avec Album - Livre de chants et marches et Marche funèbre (1928-30). À partir de 1913, Wölfli fait un important usage du collage ; des images découpées dans des revues ou des almanachs sont intégrées au récit ; elles perdent leur caractère d’ancrage dans le réel pour devenir éléments de l’épopée.