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Bettania Gottes=Aker, [recto], 1927
Crayons de couleurs sur papier
Donation L'Aracine
Musée d'art moderne Lille Métropole, Villeneuve d'Ascq |
À partir de 1895, Adolf Wölfli est définitivement
interné à l’hôpital psychiatrique de la Waldau,
à Berne en Suisse. C’est là qu’il va élaborer
une oeuvre colossale, non seulement par le nombre de pages répertoriées,
mais aussi par l’étendue de son champ d’investigation
qui aborde le récit en prose, la poésie, le dessin, la musique.
Il réalise tout d’abord 800 dessins sur feuilles volantes,
puis s’attelle à la partie centrale de son oeuvre composée
de 45 livres contenant plus de 25 000 pages manuscrites et environ 3 000
dessins. Wölfli mêle références autobiographiques
et récits inventés racontant son odyssée. Il complète
ces textes par 3 000 dessins pour moitié composés de collage.
Cette saga est composée de cinq cycles. Du berceau au tombeau
(1908-12) raconte l’histoire romancée de la vie de Wölfli
sous forme de voyages à travers plusieurs continents. Dans Cahiers
géographiques et algébriques, Wölfli, après
avoir fait fortune, constitue et aménage son royaume ; puis dans
Cahiers avec chants et danse, il quitte la planète Terre pour voyager
dans le cosmos guidé par Dieu le père. Le cycle s’achève
avec Album - Livre de chants et marches et Marche funèbre
(1928-30). À partir de 1913, Wölfli fait un important usage
du collage ; des images découpées dans des revues ou des
almanachs sont intégrées au récit ; elles perdent
leur caractère d’ancrage dans le réel pour devenir
éléments de l’épopée. |